Touadéra veut sauver le pays avec l'agriculture

Après des années de crise, Touadéra vient d'avoir une idée, pour sortir du sous développement, fini les PND tout ça là, on va faire comme Bokassa, faire de l'agriculture le pilier stratégique du développement national. L'objectif est de stimuler la création de richesses, générer des emplois durables, accroitre les recettes d'exportation et garantir la sécurité alimentaire. Il vient de se rendre compte qu'il vit dans un pays où la majorité de la population vit essentiellement de l'agriculture, la modernisation de ce secteur lui apparait désormais comme une priorité incontournable. En Centrafrique tout pousse, et on peut faire plusieurs récoltes Ceci dit, espérons que chez Touadéra, ce ne soit pas une lubie passagère. Pour Gustave, propriétaire d'une plantation, cette période de récolte représente non seulement un moment pour tirer profit de son travail, mais aussi une occasion d'envisager des améliorations concrètes afin d'optimiser les conditions de travail : « Cela fait 20 ans que je suis dans l'agriculture, mais rien ne change vraiment pour nous. Nous avons des terres en abondance, mais nous n'avons pas la capacité d'augmenter les superficies cultivées. Il nous manque des crédits agricoles et du matériel, pour mieux faire. » Ailleurs, chez une autre agricultrice, sous la surface du sol, l'arachide dissimule sa richesse. Pour la récolter, il faut extraire la plante, la débarrasser de la terre qui l'enveloppe. Ici, les familles travaillent collectivement, avec des méthodes simples et traditionnelles. « Nous vendons nos produits à l'état brut après la récolte. Il n'existe pas de stratégie efficace de transformation locale. Trop souvent, nous les vendons à bas prix, puis ils nous reviennent transformés à un coût plus élevé. Le travail est pénible, car nous travaillons manuellement », raconte Élodie, qui est cultivatrice. « Notre priorité est d'investir dans la mécanisation, l'irrigation et l'accès à des intrants de bonne qualité » Même s'ils disposent de peu de moyens, les paysans n'ont pas attendus Touadéra pour s'activer, il a seulement pris la balle au bond, en réaffirmant sa volonté de faire de l'agriculture le pilier stratégique de l'économie nationale : « Notre priorité est d'investir dans la mécanisation, l'irrigation et l'accès à des intrants de bonne qualité. Il s'agit de promouvoir une agriculture moderne afin d'augmenter les rendements. De nombreux agriculteurs ont des projets viables, mais manquent de moyens financiers. Nous allons les former aux bonnes pratiques agricoles et créer un fonds national de crédit agricole. Les banques locales nous aideront à renforcer ce dispositif. » Pour des économistes comme Lorenzo Ganazoui, une seule solution s'impose : il faut relancer de vastes activités agricoles dans les zones contrôlées par l'État. « Il fut un temps où la croissance du produit intérieur brut était à 55% portée par l'agriculture. Et aujourd'hui, quand vous posez la question aux décideurs, ils disent que c'est l'insécurité répétitive qui fait en sorte qu'il y a eu délaissement de ce secteur », précise-t'il. Se demandant : « ​​​​​​​Pourquoi est-ce qu'on n'a pas pris le temps de commencer à intensifier l'agriculture dans ces zones-là, en attendant de pacifier les autres zones ? Attendre à ce qu'on puisse pacifier tout le territoire avant de penser à porter l'économie agricole, c'est attendre une éternité qui n'existerait jamais. » Ceci dit, la sécurisation encore, de vastes espaces du pays donc zones agricoles demeure un enjeu majeur. De nombreux villages continuent d'être la cible d'attaques de coupeurs de route et de bandes armées. Ces incursions répétées entravent momentanément les activités agricoles des populations notamment du nord-ouest et du sud-est.

Analyse par Mahamat SENOUSSI (LNC

For: FatimaLamineHebdo

Date: April 26, 2026

Copyright ©: 2013 - 2026 All rights reserved: Lamine Media