

Touadéra réélu, ah bon ?
Touadera, allié de Moscou, donné comme vainqueur dès le 1er tour avec 76 %, il entame contrairement à la Constitution de 2016, qu'il avait pourtant acté, un troisième mandat très contesté par l’opposition, dans un climat marqué par des accusations de fraude et de fortes tensions sécuritaires. Mais c'est vrai qu'en Afrique, on a l'habitude de modifier les Constitutions à sa guise. Après tout, ce n'est qu'un papier des blancs. Mais donc déjà cette victoire est contestée. Les deux principaux opposants ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas ces résultats dénonçant, depuis le jour du scrutin, un processus électoral biaisé. Depuis, Henri-Marie Dondra appelait, lors de sa dernière conférence de presse, « à une annulation pure et simple de ce scrutin » et la dissolution de l’ANE. Depuis, « de guerre lasse», il a renoncé à se plaindre, car cela ne servait à rien, lui qui dénonçait pourtant, les flagrantes violations du code électoral et de nombreuses irrégularités ayant faussé le résultat final. De retour à son quartier général après la proclamation des résultats, Faustin Touadéra a salué la mobilisation électorale, que l’ANE estime à plus de 52 % des inscrits. Accueilli dans une ambiance festive, selon les observateurs, dont l'AFP, le président réélu a déclaré se dire « prêt à travailler avec tous les Centrafricains », tendant la main à ses opposants. Mais ce discours d’apaisement est de façade, et contraste avec les accusations formulées quelques heures plus tard par plusieurs opposants. Ces derniers ont affirmé que des éléments du groupe Wagner auraient enlevé des membres de la sécurité rapprochée d’Anicet-Georges Dologuélé, provoquant un climat de peur parmi les adversaires politiques du pouvoir. « C’est simplement une tentative d’intimidation car le pouvoir est conscient que ce qui s’est passé le 28 décembre était tout sauf une élection », souligne Adrien Poussou, ancien membre du gouvernement centrafricain, aujourd’hui consultant en géopolitique. « Ça ne va pas s’arrêter à ces enlèvements », prévient-il, présageant une crise électorale sans précédent. « Le pays va connaître des moments difficiles », prévient-il, évoquant une situation socio-économique explosive et un pays marqué par des années de conflits et d’instabilité. Il cite notamment de récents affrontements survenus dans le sud-est du pays entre des forces liées à Wagner et une milice locale, alors que la population attendait les résultats du scrutin. Quatre morts ont été recensés le Mardi 6 janvier. Également, d'autres figures de l’opposition à l’instar de Jean-Serge Bokassa ont fait part de leur crainte de représailles. « Un homme politique pense avant tout à accéder au pouvoir. Si le jeu est biaisé, que lui reste-t-il ? La tentation de prendre les armes », explique Adrien Poussou, incitant la France notamment à s’exprimer. « Paris a tort de rester frileuse car la question est de savoir si on veut sauver des millions de personnes ou prévenir le mal quitte à être accusé de néo-colonialisme ou d’ingérence », conclut-il avec gravité. En tous cas, vainqueur en trichant ou pas, le chantier qui attend Touadéra est énorme : routes calamiteuses, finances au plus bas, prix inflationnites sur les marchés, trop de dépendances de l’extérieur (même pour acheter 2 ordinateurs de bureau, ce qui est banal en Europe, il faut l'aide des "partenaires", au hasard, Banque Mondiale ou Union Européenne, et faire une cérémonie avec Chef d'Etat, ministres et tutti quanti, etc..). Et voici l'héritage : la/le Centrafrique est un pays mendiant qui ne dépend que des autres, alors être Président de "ça", c"est un piège.
Analyse par : John SILVER l LNC
For: FatimaLamineHebdo
Date: February 6,, 2026
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