Révolte rebelles en cours

À l’aube du 5 octobre 2025, la Vakaga s’est réveillée sous le grondement des moteurs et des armes. Des colonnes de véhicules bondés d’hommes lourdement armés, drapeaux flottant au vent, ont été vues dans la région des trois frontières — entre la République centrafricaine, le Tchad et le Soudan. Plus au sud, dans le Haut-Mbomou, d’autres mouvements rebelles ont été signalés en direction de Bambouti. Partout, la tension monte, les populations fuient, et Bangui retient son souffle. Ces bruits de bottes sont le symptôme d’un pouvoir à bout de souffle et d’une nation une fois encore prise en otage par l’ambition d’un seul homme. En réaction, les groupes armés s’étaient regroupés au sein de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) et avaient pris la route de Bangui, atteignant presque la capitale le 13 janvier 2021. Ce n’est que par des accords de circonstance, l’argent versé aux chefs rebelles et le soutien des mercenaires russes du groupe Wagner que le régime avait temporairement évité sa chute. L’armée centrafricaine, au lieu d’être reconstruite, a été réduite au silence, dépossédée de ses moyens et de son honneur. Aujourd’hui, le retour en force des groupes armés dans la Vakaga et le Haut-Mbomou n’est pas une surprise. C’est la conséquence directe d’un pouvoir illégal et d’une gouvernance coupée du peuple. Nourredine Adam, à la tête de la CPC-Fondamentale, soutenu par le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan, refait surface avec l’objectif assumé de chasser le régime actuel et d’imposer un dialogue politique national. Le message est clair : tant que Touadéra persistera dans son entêtement, la/le Centrafrique ne connaîtra pas la paix. Face à cette escalade, la responsabilité de la communauté internationale est immense. Les États-Unis, la France, l’Union européenne, l’Union africaine, la CEEAC, la CEMAC, l’ONU et la MINUSCA ne peuvent plus se contenter d’observer. Ils doivent agir, non pour protéger un pouvoir défaillant, mais pour sauver un peuple qui n’a connu que la guerre et la misère. Le temps des illusions est passé. La situation sécuritaire ne permet aucune élection libre ni crédible. Maintenir le scrutin de décembre serait plonger délibérément le pays dans un bain de sang. Le moment est venu de dire la vérité : ces élections doivent être annulées. La Centrafrique n’a pas besoin d’un simulacre de démocratie, mais d’un véritable dialogue politique inclusif, ouvert à toutes les forces vives de la nation — partis politiques, société civile, chefs religieux et groupes armés. C’est dans cette voie seule que pourra naître un compromis national durable. L’heure est grave. Si le régime persiste, si la communauté internationale continue de se taire, la République centrafricaine replongera dans le chaos, peut-être plus profond encore que celui de 2013. Le peuple centrafricain, fatigué de souffrir, pourrait ne plus pardonner à ceux qui auront choisi la force plutôt que le droit. Tant que cette injustice perdurera, aucune élection, aucun mandat, aucun discours ne pourra ramener la paix. La vérité est simple : sans dialogue, il n’y aura pas de paix. Sans justice, il n’y aura pas d’élections. Et sans courage politique, il n’y aura plus de République.

Analyse de : Susan CARTER-JONES l LNC

Pour : FatimaLAMINEHebdo

Date : 6 octobre 2025

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