

Les bailleurs internationaux se retirent de la RCA
Après 15 jours de silence, et après la mascarade électorale de Touadéra, ol fallait bien sz douter de quelque chose du côté des "partenaires", dont la RCA dépend à près de 80%. Mais alors que la sécurité s’améliore, les bailleurs internationaux, Etats-Unis en tête, se retirent massivement. L’action humanitaire est entravée et les perspectives de développement hypothéquées. Les grands rêves de Touadéra à la poubelle. Les conditions dans lesquelles s’est tenu le scrutin présidentiel du 28 Décembre 2025 où Faustin Touadéra a obtenu un troisième mandat le Lundi 19 Janvier – n’ont pas répondu à toutes les exigences d’équité démocratique. En Centrafrique, le monde de l’humanitaire se trouvait partagé le plus souvent entre la réponse à une crise immédiate ou soutenir des solutions durables, tant le pays a besoin de tout. L’ONG Médecins sans frontières (MSF) doit ainsi fermer dans le courant de l’année « l’hôpital de SICA » où il est installé. Cette structure se spécialisait en traumatologie et en chirurgie orthopédique et viscérale. Pour autant, « nous continuons à nous substituer à l’Etat dans des domaines basiques », souligne Peter Orr, responsable de MSF en Centrafrique. « Le ministère de la santé a du mal à faire fonctionner des hôpitaux, même dans la capitale, explique l’humanitaire. Il manque de tout : médecins, médicaments, routes… » Le pays dispose au total de deux lits de réanimation, tous tenus par la Minusca. Les autres indicateurs de santé sont à l’avenant. L’espérance de vie à la naissance s’établit à 53 ans. La mortalité infantile oscille entre 8 et 10 %, la mortalité maternelle atteint 700 pour 100 000 naissances. De façon générale, le pays occupe la 191e place sur 193 au classement mondial de l’indice de développement humain (IDH), dont les critères concernent aussi bien la santé, l’éducation que le niveau de vie. 66 % de la population centrafricaine vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2,15 dollars par jour, c'est dire. Ceci dit, l’heure est au « désengagement massif » des bailleurs internationaux, « au pire moment », constate une humanitaire, par ailleurs directrice pays pour Action contre la faim. Le reflux a commencé avec la cessation des activités de l’Usaid, l’agence de développement américaine, dans la foulée du retour au pouvoir de Donald Trump, le 20 Janvier 2025. Mais il concerne tous les donateurs occidentaux : Union européenne, Royaume-Uni, France, Canada, Suède… Le mouvement est général, et la/le Centrafrique a beau souffrir, il y a d’autres crises plus aiguës qui captent l’attention (Soudan, RDC…), mais aussi à cause de l’activisme Russe dans le pays qui a refroidi certains bailleurs. Selon l’estimation du CCO, les ONG internationales ont vu leurs budgets amputés d’environ 40 % en 2025, après un premier recul déjà en 2024. Cinq ONG ont d’ores et déjà dû plier bagage. Les autres s’adaptent comme elles peuvent, entre interruption de programmes, baisse drastique des dépenses logistiques et coupes sèches dans les effectifs (1 100 salariés locaux ont été licenciés en 2025). Les coupes subies par les organisations internationales sont du même ordre de grandeur que celles constatées par les ONG. Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui dépend de l’ONU, a perdu, en 2025, environ 40 % de ses financements à l’échelle mondiale. Pour la/le Centrafrique, c’est 56 %. « Un million de personnes qui auraient besoin d’aide ne sont pas aidées », résume Hamid Aboudou, directeur adjoint de l’agence onusienne dans le pays. Certaines distributions alimentaires ont été abandonnées, trois bureaux régionaux sur six fermés, la moitié du personnel étranger renvoyé… Alors que « les besoins sont toujours énormes », souligne M. Aboudou. Environ un tiers de la population Centrafricaine est classé dans les catégories « IPC3 » ou « IPC4 », soit en grave insécurité alimentaire. A côté des programmes d’urgence censés leur venir en aide, le PAM développe aussi des programmes dits « de résilience » et de soutien à l’agriculture. « C’est maintenant qu’il faut investir, maintenant qu’on peut tirer les gens sur la voie du développement, plaide Hamid Aboudou. Cela coûte plus cher de les rattraper une fois qu’ils ont sombré à des niveaux plus graves d’insécurité alimentaire. » C'est toute la chaîne humanitaire qui est impliquée : la Minusca elle-même, dont le mandat a été reconduit in extremis pour un an, en Novembre 2025, doit réduire ses dépenses d’environ 25 %. La mission joue un rôle clé pour le futur développement de la/le Centrafrique en soutenant l’installation d’infrastructures de l’Etat dans les régions. Elle est aussi la seule à disposer d’une flotte d’avions conséquente, qu’utilisent les autres acteurs humanitaires pour se déplacer dans ce pays aux routes absentes. Le risque de cet abandon est donc aussi politique. Car comment travailler dans un pays qui ne respecte pas les règles élémentaires de la démocratie et de surcroît dirigé par un autocrate. L’aggravation de la situation humanitaire et le virage raté du développement sont autant de menaces qui pèsent sur la fragile stabilisation de la/LECentrafrique.
Analyse par : Susan CARTER-JONES l LNC
For: FatimaLamineHebdo
Date: January 25, 2026
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