

La gestion calamiteuse de Touadéra
Dans le rapport d’exécution budgétaire du deuxième trimestre 2025 figure une information très intéressante : sur les 136,4 milliards de francs CFA que les partenaires étrangers avaient promis de donner cette année, seulement 23,4 milliards sont arrivés dans les caisses de l’État au 30 Juin. C'est à la louche à peine 17% des fonds attendus. Dit autrement, c'est plus de 82% de l’argent promis, qui n'est jamais arrivé. Mais pourquoi cet argent n’arrive pas? Du coup, les projets restent sur le papier. Les infrastructures promises ne sortent jamais de terre. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, la confiance des bailleurs s’est sérieusement érodée. Les partenaires internationaux hésitent à débloquer des fonds quand ils voient la corruption généralisée, le manque de transparence dans la gestion de l’argent public, et l’absence de contrôle réel sur l’utilisation des financements précédents. Les scandales à répétition et le refus de rendre des comptes finissent par les décourager. Ensuite, les ministères ne savent plus comment travailler avec les bailleurs. Visiblement, l’administration Centrafricaine n’y arrive pas. Troisièmement, les conditions politiques ne sont pas remplies. Beaucoup de bailleurs conditionnent leur argent au respect de standards démocratiques de base. Organiser des élections truquées, réprimer l’opposition, laisser les mercenaires Russes violer les droits humains , tout cela décourage les financements, surtout ceux venant des pays occidentaux. Enfin, certains circuits financiers échappent complètement au budget officiel. Ils fonctionnent souvent dans leur coin, sans coordination avec le ministère des Finances. Cette désorganisation crée une opacité qui arrange certains intérêts mais sabote l’efficacité. Finalement, cette pagaille garantit l’inefficacité et facilite tous les abus possibles. Quand personne ne peut tracer les flux financiers, quand il n’y a pas de coordination, quand la transparence n’existe pas, les détournements deviennent inévitables. Cette incapacité à mobiliser les fonds promis constitue un échec politique pour le régime de Touadéra. Après neuf ans au pouvoir, après toutes les déclarations sur les “partenariats stratégiques” et les “relations excellentes”, le gouvernement reste incapable de convaincre ses partenaires de débloquer l’argent qu’ils ont promis. Le contraste est saisissant avec les annonces triomphales après chaque conférence internationale. À Casablanca récemment, le président se félicitait de “9 milliards d’euros d’annonces d’investissements”. Ces annonces rejoindront probablement la longue liste des promesses oubliées et des financements jamais débloqués. Mais voilà, un gouvernement compétent aurait mis en place les structures permettant de capter ces financements. Un gouvernement transparent aurait rassuré les bailleurs sur l’utilisation correcte des fonds. Un gouvernement respectueux des normes démocratiques aurait rempli les conditions politiques exigées. Et dire que le pays dépend à 90% des "fameux" partenaires.
Analyse par ; valery MANSFIELD l LNC
For: FatimaLamineHebdo
Date: December 20, 2025
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