

Drôle de justice en Centrafrique !
Suivant le Code de procédure pénale en Centrafrique, la loi fixe la durée maximale de garde à vue à 112 heures. Ce qui a été confirmé par Ghislain GRESENGUET. magistrat, directeur des affaires pénales et de grâces, au ministère de la Justice, lors d’une émission sur Guira FM. Mais cette règle est-elle vraiment respectée ? Apparemment non ! Normalement, lorsqu’une personne est interpellée dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, les officiers de police judiciaire mènent leur enquête préliminaire selon la loi. Mais cette même loi explique qu’au bout de 112 heures, cette personne doit comparaître devant le procureur de la République. Dans certains dossiers graves, une prorogation peut être demandée, mais elle nécessite l’accord du parquet qui surveille le respect des délais, en principe. Dans les cas de flagrant délit, suivant le magistrat GRESENGUET, le procureur peut décider d'un mandat de dépôt et exigerait alors un jugement rapide, à la prochaine audience disponible. Cela vise à empêcher qu’une détention ne se transforme en punition avant toute condamnation. Or, depuis 6 ans, au moins, sous Touedéra, c'est la punition qui prévaut. Par exemples, à la Section de recherche et d’investigation de la Gendarmerie, certains prévenus croupissent depuis six ou sept ans, bien au-delà des délais légaux, pareil, à l'OCRB. Quelques exemples : Dominique Désiré ERENON a passé trois mois en garde à vue avant son transfert chez un juge d’instruction qui lui notifie un mandat de dépôt. Le député de Djema, Lambert Akovourou, arrêté sur simple dénonciation sans preuves réelles, reste enfermé à l’OCRB, sans respect de son immunité parlementaire. Il est en prison depuis 6 mois, pour rien. Cette dérive a pris ce tournant depuis 2020, avant, cela fonctionnait à peu près normalement. En réalité, une pression sur la justice n'est pas toujours directe du pouvoir, la simple présence d’un ministre lors de l’audition d’un suspect suffit. Comme ce fut le cas de Dominique Désiré ERENON comparaissant devant le juge d’instruction, où le ministre de la justice s’était déplacé personnellement. Ce qui ne laisse pas de doutes sur ses intentions. Pour expliquer ces défauts à la loi, le régime invoque le manque de moyens, d’effectifs, de machines. etc.. Malgré les faux prétextes, la justice Centrafricaine reste à la botte des caprices du pouvoir. Des gens restent enfermées pendant des années en garde à vue, alors que ce.délai devrait durer quelques jours maximum. La procédure pénale devient un amusement, face aux caprices du pouvoir. C'est cela la 7ème République ?
Analyse par Isabella Luisa CAPELLI l LAMINE MEDIA
For: FatimaLamineHebdo
Date: 2 Juin 2026
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