Imbroglios électorales

Ça chauffe, Anicet-Georges Dologuélé vient d’envoyer une lettre incendiaire à la cheffe de la MINUSCA, qu'il accuse d'avoir favorisé Touadéra, il réclame des explications sur le naufrage du scrutin du 28 Décembre dernier. De fait, la MINUSCA à joué un rôle trouble dans ces élections, en soutenant un régime autoritaire. Valentine Rugwabiza doit maintenant répondre de ces accusations portées contre sa mission. En génèse, les Centrafricains sont allés voter pour élire leur président, leurs députés, leurs maires et leurs conseillers régionaux. Le Conseil de Sécurité avait prolongé le mandat de la mission onusienne par sa résolution 2759 du 13 novembre 2025. L’objectif principal consistait à accompagner ce processus électoral. Anicet-Georges Dologuélé, candidat de l’URCA, dans sa correspondance adressée à la représentante spéciale du Secrétaire général, décrit qu'un cafouillage du jamais vu en RCA s'est produit. Les urnes arrivent à l’Autorité nationale des électionc dans de vulgaires cartons ou des sachets plastiques ouverts. Aucun scellé ne protège ces matériels sensibles. Entre leur sortie de bureaux de vote et leur arrivée à Bangui, ces documents ont changé de mains à plusieurs reprises. Le Code électoral a été bafoué à chaque étape du processus. La MINUSCA devait transporter ces matériaux dans des conditions de sécurité maximales. Sur des vidéos circulant massivement sur les réseaux sociaux, on y voit des urnes éventrées, des documents éparpillés dans tous les sens. La population découvre, médusée et indignée, l’ampleur du désordre. Ces images montrent une réalité que personne ne peut plus nier. Les représentants des candidats dans les bureaux de vote n’ont servi à rien, le président de l’ANE leur a interdit de recevoir la moindre copie des résultats ou des procès-verbaux. Cette instruction viole en passant l’article 87 du Code électoral. Or l'instruction émanerait directement du du pouvoir en place. Tout semble avoir été préparé d’avance pour garantir la victoire du camp présidentiel. La MINUSCA apparaît comme un rouage de cette mécanique bien organisée. Comment sa mission a-t-elle pu laisser un tel chaos s’installer ? L’organisation chargée d’accompagner ces élections apparaît dépassée, voire complice du désordre ambiant. Les Centrafricains attendaient un scrutin transparent et se retrouvent avec un gâchis monumental. Et, les candidats de l’opposition n’ont aucun moyen de vérifier les résultats annoncés. Sans copie de procès-verbaux ni de feuilles de résultats, impossible de contester les chiffres de l’ANE. Le processus électoral s’achève dans une opacité la plus totale. Valentine Rugwabiza porte une part de responsabilité dans cette débâcle.

Analyse par ;Gilles DELEUZE (LNC) Rédacteur en chef adjoint de LNC

For: FatimaLamineHebdo

Date: January10, 2026

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