

Cordonnier, métier d'avenir ?
On parle beaucoup en Afrique, et en Centrafrique de la noblesse du métier de forgeron, mais un autre métier est en train de lui tailler des croupières, c'est celui de cordonnier; préférence de nombreux jeunes Centrafricains pour lutter contre la pauvreté et le chômage, et, on peut même y gagner sa vie. Initialement, la cordonnerie était considéré comme un métier des étrangers, mais aujourd’hui il est pratiqué par les Centrafricains dans tous les coins de Bangui. C’est le cas de Prince Doubili, qui s’est installé au marché Miskine dans le 5ème arrondissement. Il affirme que ce métier lui permet de subvenir à ses besoins : « Je peux toucher un revenu de 2000 à 3000Fcfa par jour me permettant de joindre les deux bouts. Je demande vivement aux jeunes de s’impliquer dans ce métier. Autrement dit, ils peuvent s’approcher de moi afin de les montrer comment faire. Cette activité m’a beaucoup soutenu. » Concernant Ngaissona Macaire, cordonnier au centre-ville, il confirme selon lui, que cette activité constitue une véritable source de subsistance mais légèrement négligée par certains jeunes ainsi que le gouvernement ne pensent pas à soutenir ce secteur : « je sais que les jeunes Centrafricains sont possédés par l’esprit d’orgueil c’est pourquoi ils ont négligé ce secteur d’activité et pourtant c’est un métier qui nous permet de lutter contre la pauvreté. Du côté du gouvernement il ne s’intéresse pas à ce secteur, si bien qu’il reste toujours informel. » Quant à Bella Jean Louis, qui exerce ce métier depuis 9 ans, raconte ses énormes difficultés par rapport au comportement de certains clients : « Les difficultés sont nombreuses forces est de constater que certains clients après avoir amené leurs articles m’ordonnent de leur faire tant bien qu’ils n’ont pas d’argent à payer en retour tantôt il me laisse l’article et disparaissent pour tous bon. » Cependant, il appelle les jeunes à se lancer dans le métier pour réduire le taux de chômage : « En ce qui concerne l’exercice d’un métier n’y a pas de honte, tu peux t’approcher de ceux qui s’y connaissent afin qu’il puisse te montrer comment faire pour soutenir ta famille. » La cordonnerie a gagné ses lettres de noblesse, et entre ce métier et le chômage, le choix est vite fait pour certains jeunes Centrafricains.
Analyse par : Marie Pierre COPPENS l LNC
For: FatimaLamineHebdo
Date: March 22, 2026
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