

Centrafrique : le casse tête du remboursement la dette
En République Centrafricaine (RCA), les grandes infrastructures nationales sont majoritairement financées par les bailleurs internationaux : la Banque mondiale, la Banque Africaine de développement (BAD) ou encore le Fonds monétaire international (FMI). Toutefois, ces financements ne sont pas des dons gratuits, mais bien des prêts assortis d’une obligation de remboursement. Dès lors, une question cruciale se pose : comment un pays peut-il s'en sortir financièrement alors qu'il ne dispose pas d'impôts universels comparables aux standards occidentaux, et que son économie est à près de 80 % informelle ? Pour payer et gérer sa dette publique, l’État Centrafricain s'appuie sur une feuille de route stricte : la « Stratégie de Gestion de la Dette à Moyen Terme », compilée dans un document cadre éponyme. Cette approche repose sur trois piliers fondamentaux : la mobilisation des recettes internes, le recours aux titres publics sur le marché financier régional de la CEMAC et l'optimisation de l'aide extérieure. Pour activer ces leviers de réduction de la dette, les autorités cherchent en premier lieu à accroître la collecte fiscale locale. Cela passe par la numérisation des procédures et l'élargissement de l'assiette fiscale. En parallèle, le Trésor public lève des fonds sur le marché sous-régional à travers l'émission d'obligations et de bons du Trésor. Enfin, le gouvernement négocie régulièrement des allégements, des rééchelonnements de créances ou des reconversions en dons avec ses partenaires financiers de premier plan. Face au défi d'une économie majoritairement informelle, la stratégie consiste à remonter les circuits de distribution pour cibler et taxer directement les grossistes, là où les flux financiers sont les plus visibles. Par ailleurs, le sous-sol et les forêts Centrafricaines représentent des gisements de recettes indispensables. Le bois, notamment, demeure une ressource majeure. Une application plus rigoureuse des réglementations sectorielles — ce qui fait encore défaut aujourd'hui — permettrait de sécuriser des milliards de FCFA de redevances directement auprès des compagnies exploitantes.Enfin, la géographie dicte sa propre loi économique. La RCA étant un pays enclavé, le corridor d'approvisionnement reliant Douala à Bangui prend une dimension vitale. À l'image de ce que représentait « la Voie sacrée » ou les taxis de la Marne pour les poilus de la Première Guerre mondiale, cet axe logistique est le véritable poumon de l'économie nationale. C'est à ce point de passage unique que les droits de douane peuvent être captés efficacement. En somme, la République Centrafricaine ne manque pas d'atouts ni de mécanismes pour redresser sa trajectoire financière. Tout l'enjeu réside désormais dans la volonté politique et la capacité concrète de les appliquer sur le terrain.
Un grand merci au service Économie de LAMINE MÉDIA - Bangui
Analyse par Eve MALONGA l LNC
For: FatimaLamineHebdo
Date: 11 Août 2026
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