

Ce pays mérite mieux. Vous aussi
Faustin Touadéra vainqueur de l’élection présidentielle de 2025 selon l"ANE, une décision présentée comme l’ouverture d’un « premier mandat de la septième République », mais qui, dans les faits, s’inscrit dans la continuité d’un pouvoir personnel déjà bien consolidé. Pendant l’émission Patara sur la radio Ndékè Luka, trois personnalités publiques : Hugues Francis Mongombé, Dieudonné Ngoumbango et Fidèle Gouandjika — ont échangé sur les conditions politiques actuelles, mettant l’accent sur l’absence de véritable concurrence, de la désintégration de l’opposition, et des méthodes utilisées pour verrouiller le jeu politique....En gros que ces élections étaient une mascarade. Pour Hugues Francis Mongombé, vice-président du parti ITA, le processus n’offrait aucune garantie d’équité. Il décrivit une situation où le président sortant organisait le scrutin tout en écartant ceux qui pourraient lui tenir tête : « Le chef de l’État, que je respecte profondément, a joué seul. Il a éliminé ses adversaires, il a changé les règles, il a supprimé toute forme de confrontation. On se retrouve dans un jeu où l’arbitre porte lui-même le maillot d’une des équipes ». S'ajoute à cela, l’absence d’indépendance des institutions chargées de superviser l’élection. Pour Mongombé, Touadéra ne laissait aucune place à une compétition normale et s’assurait d’un passage sans obstacles. Plus tard dans l’émission, Mongombé décrit comment plusieurs formations politiques ont été démantelées ou affaiblies volontairement. Le RDC, le MRPC etc... parfois remplacées par de nouvelles structures, sans ancrage réel, mais présentées comme des partis pour donner l’impression d’un environnement pluraliste : « Il a détruit les véritables partis. Il a fabriqué des entités politiques sans base, juste pour remplir la scène.». Selon lui, ce procédé permet d’écarter les opposants sérieux tout en conservant une façade électorale. Résultat : l’opposition institutionnelle est pratiquement inexistante. Quant à Dieudonné Ngoumbango, représentant une plateforme de partis centristes, s’adresse à Touadéra en des termes personnels, tout en insistant sur la nécessité de quitter le pouvoir dignement : « Vous avez été mon professeur, vous êtes un aîné, un homme respecté. Je vous demande de réfléchir. Il est encore temps de vous retirer, de terminer votre mandat dans la paix, et de laisser la place. Ce serait une manière honorable de clore votre parcours ». En réaction, Fidèle Gouandjika répond sans répondre sur le fond : « Il y a eu un congrès, comme dans tous les partis. Le MCU a investi son candidat, et c’est son droit. Si le président accepte, il fera campagne pour ce nouveau mandat ». Mongombé en réponse comparait la situation actuelle à celle de l’ancien président François Bozizé : « Quand Bozizé a modifié la Constitution pour se maintenir, on sait tous comment ça s’est terminé. Le danger, c’est que les conseillers comme vous le poussent à faire les mêmes erreurs ». Et il conclut : il ne s’agit pas d’une victoire politique, mais d’un résultat acquis d’avance, sans valeur. « Il a gagné, oui, mais sans adversaire. Il a triomphé seul, et ce n'est pas une victoire digne ». L'épitaphe est porté par Ngoumbango qui conclut : « Vous ne méritez pas de sortir par la petite porte. Ce pays mérite mieux. Vous aussi ».
Analyse par : Marie Pierre COPPENS l LNC
For: FatimaLamineHebdo
Date: January 15, 2026
Photo : Wang Ze/Xinhua News Agency.All Rights Reserved
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