Les revendications des Azande Ani Kpi Gbe

À Paris, c'est « Le Centrafricain Mackpayen », responsable déclaré des Azande Ani Kpi Gbe, qui expose comment cette milice née en 2023 dans le Haut-Mbomou entend désormais peser sur l’avenir politique du pays. Dans un document de 3 pages, qu'il a signé le 4 Février 2026, il détaille l’histoire récente d’un mouvement qui prétend combler les vides laissés par l’État dans le sud-est du pays. Selon les AAKG, l’insécurité permanente qui touche leur région vient d’une triple faillite : celle de la justice sociale, celle des institutions et celle de la présence même de l’État. Et comme l'explique le document, des habitants excédés auraient créé ces groupes d’autodéfense pour contrer les exactions de braconniers, des combattants de la LRA de Joseph Kony et des éléments de l’Unité pour la Paix en Centrafrique dirigée par Ali Ndarassa. Pour l'histoire, en mars 2024, Bangui décide d’incorporer deux cents combattants Azande dans l'Armée Centrafricaine après une formation sommaire à Obo, pendant qu’environ cinq mille autres continuaient leurs activités d’autodéfense. Ces jeunes deviennent officiellement soldats le 1er mai 2024 et servent loyalement dans plusieurs localités : Paoua, Sam-Ouandja, Yalinga, Batangafo, Nana-Bakassa, Bozoum, Bouar, Bossangoua, Sido-RCA et Rafaï, ainsi que partout dans le Haut-Mbomou. Mais cet arrangement ne tiendra pas : aucune rémunération ne leur parvient, conformément aux engagements pris par l’État. Aussi la rupture intervient brutalement. Quant aux mercenaires Russes du groupe Wagner, la milice AAKG les accuse d’avoir pris le commandement effectif de l’armée nationale, entre autre. S’ensuivent des arrestations arbitraires visant non seulement les leaders du mouvement mais aussi des civils d’ethnie Azande, des mauvais traitements infligés aux membres des AAKG, et une stigmatisation ethnique malveillante de l’ensemble de la communauté Azande attribuée à certains éléments et responsables des FACA. Ces actes du coup brisent profondément la confiance entre les parties. Le pire survient le 30 Avril 2025, quand les mercenaires Russes tentent de désarmer de force les AAKG à Zemio, ce qui a déclenché un affrontement ouvert dont la responsabilité, selon le document, incombe au gouvernement Centrafricain. Quatre mille huit cents combattants restent depuis dans l’attente, tandis que la coordination des AAKG travaille dans le sens de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale, toujours selon le texte. Pourtant, les promesses gouvernementales concernant la prise en charge des combattants n’ont toujours pas été honorées. C’est dans ce climat tendu que la coordination des AAKG formule ses six préalables au dialogue. Premier point : le retrait immédiat des mercenaires Russes de la région du Sud-Est, en particulier du Mbomou et du Haut-Mbomou. Deuxième exigence : l’échange de prisonniers, incluant les personnes détenues injustement dans les prisons de Bangui et les otages détenus par les AAKG. Troisième condition : la clarification officielle du gouvernement sur la disparition des soldats de 2e classe Bakoyogo Célestin Lemane et Gouengue Elie à la SRI à Bangui, avec deux options : s’ils sont vivants, qu’ils soient présentés officiellement ; s’ils sont décédés, que leurs dépouilles soient restituées à leurs familles. Les trois dernières conditions portent sur des aspects financiers et juridiques. La coordination réclame également la rémunération des combattants AAKG incorporés ainsi que la clarification de leur statut au sein de l’armée nationale. Elle demande aussi la prise en charge des combattants AAKG non encore incorporés dans les forces armées Centrafricaines. Enfin, sixième et dernière exigence : la cessation immédiate des hostilités, des chasses à l’homme, des arrestations arbitraires et de toute forme de persécution visant la communauté Azande en Centrafrique. Dans sa position finale, la coordination des AAKG se déclare ouverte à la négociation et au dialogue, dans l’intérêt supérieur de la paix, de la sécurité et de la cohésion nationale, à condition que les préalables indiqués soient effectivement respectés ou formellement pris en compte par le gouvernement Centrafricain. Le document, signé à Paris est amplifié vers la présidence de la République, la primature, l’Assemblée nationale, le représentant des Nations Unies, le chef de base de la MINUSCA à Obo, le gouverneur de la région Sud-Est et les représentations diplomatiques en RCA.​​​​​​​​​​​​​​​​

Analyse par :Susan CARTER JONES l LNC

For: FatimaLamineHebdo

Date: February 9,, 2026

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